OTTAWA, le 13 février 2026 — Avec en arrière-plan des personnes partageant un repas et une table garnie de produits alimentaires qui ont subi un rappel, les expert·es de la salubrité alimentaire avertissent aujourd’hui que les réductions du gouvernement fédéral dans l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) affaiblissent la capacité du Canada à prévenir les maladies d’origine alimentaire.
Les scientifiques, les vétérinaires et les autres spécialistes travaillant dans le domaine de la salubrité alimentaire et de la santé animale sont parmi les plus durement touchés par les récentes réductions budgétaires. Ces compressions représentent près d’un million d’heures de travail d’inspection, de laboratoire et de surveillance supprimées chaque année.
« Les spécialistes de l’ACIA inspectent les installations, testent les produits en laboratoire, retracent la contamination tout au long des chaînes d’approvisionnement et empêchent les aliments dangereux d’arriver sur la table des Canadien·nes », déclare Sean O’Reilly, président de l’IPFPC. « Ce travail, bien que discret, permet aux Canadien·nes d’être en sécurité et de se nourrir. »
Ces réductions interviennent après des années d’un déficit chronique de personnel et de pressions croissantes sur la charge de travail à l’ACIA. Les professionnel·les de la salubrité alimentaire gèrent des chaînes d’approvisionnement de plus en plus complexes et des menaces de maladies avec des ressources limitées. Selon l’IPFPC, l’érosion constante des capacités rend les réductions actuelles particulièrement déstabilisantes.
Stéphanie Fréchette, scientifique de l’ACIA forte de 30 ans d’expérience, affirme que la prévention dépend de professionnel·les expérimentés qui comprennent comment les systèmes alimentaires échouent dans la pratique.
« Depuis 30 ans, je m’efforce de prévenir les maladies d’origine alimentaire avant qu’elles ne se propagent », explique Stéphanie Fréchette. « Nous avons vu ce qui se passe lorsque la surveillance échoue ou que les inspections sont retardées ou annulées. Les épidémies se multiplient, les rappels sont élargis et les conséquences sont dévastatrices. L’affaiblissement de ce système expose la population à un risque réel. »
Le Canada fait des centaines de rappels de produits alimentaires par année. La plupart des cas sont détectés à temps et maîtrisés rapidement parce que des inspecteur·rices et des scientifiques qualifiés décèlent les risques avant qu’ils ne se propagent largement. L’IPFPC affirme que la réduction de cette capacité fait porter le risque sur les Canadien·nes.
L’IPFPC demande :
- l’arrêt des réductions d’effectifs;
- un examen public immédiat des décisions qui affaiblissent la capacité de salubrité alimentaire;
- la priorité accordée à l’expertise humaine plutôt qu’aux algorithmes.
L’IPFPC représente plus de 85 000 professionnel·les de la fonction publique à travers le pays, dont la plupart sont employés par le gouvernement fédéral. Suivez-nous sur Facebook, sur X (anciennement connu sous le nom de « Twitter ») et sur Instagram.
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Pour de plus amples renseignements : Johanne Fillion, 613-883-4900 (cellulaire), jfillion@pipsc.ca

